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Jardiner en permaculture : pas à pas

La permaculture s’inspire des écosystèmes naturels et de leurs cycles. L’objectif est de créer un jardin durable et économe en ressources, qui favorise la biodiversité, se stabilise à long terme grâce à une autorégulation naturelle et offre des rendements fiables. Mais comment bien jardiner en permaculture? Découvrez le principe de la permaculture et les méthodes particulièrement efficaces pour créer un jardin durable grâce à la permaculture.

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La permaculture - Idée fondamentale et principes

Le terme "permaculture", contraction de "permanent" et de «agriculture", désigne un concept d’aménagement durable et stable à long terme. Il ne s’agit pas seulement d’une méthode particulière de jardinage, mais également du développement et de la préservation d’écosystèmes variés et proches de la nature, inspirés du modèle des cycles naturels. L’objectif de la permaculture est de créer des systèmes fonctionnels et interconnectés qui favorisent la nature et la biodiversité tout en permettant une utilisation durable - par exemple grâce à la production alimentaire à long terme avec une utilisation des ressources aussi faible que possible.

La permaculture repose fondamentalement sur trois principes éthiques :

  1. Prendre soin de la terre (Earth Care) : protéger et favoriser les sols, l’eau et les habitats naturels
  2. Prendre soin de l’être humain (People Care) : créer des habitats qui nous nourrissent, nous soulagent et nous font du bien
  3. Répartition équitable (Fair Share) : utiliser les ressources à bon escient, partager les excédents et boucler les cycles

Ces valeurs constituent le fondement de toutes les décisions prises en permaculture.

Il convient donc de coordonner les actions de jardinage afin d’étayer avec précision les processus naturels - et à favoriser ainsi, à long terme, des plantes saines et des sols fertiles. La permaculture repose sur une observation attentive de la nature, de la diversité et de structures durablement fertiles. Au fil des ans nait un écosystème stable, plein de vie, qui s’autorenforce. Découvrez ci-dessous comment jardiner en permaculture.

Étape 1 : observer et planifier

Il faut apprendre à bien connaître son jardin avant de mettre en œuvre la permaculture, car la règle est la suivante : d’abord observer, puis agir. Cette démarche nécessite quelques jours ou quelques semaines pour comprendre :

  • Quelles sont les zones ensoleillées ou semi-ombragées?
  • Où y a-t-il des courants d’air? Où faut-il une protection?
  • Le sol est-il sableux, argileux ou compacté? Quelle est la profondeur de la couche de sol fertile?
  • Où l’eau de pluie s’accumule-t-elle? Quelles sont les zones qui s’assèchent rapidement?
  • Quelles plantes poussent déjà ici?
  • Quels animaux y trouve-t-on?
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Les cinq zones de permaculture

La permaculture repose sur le concept de zonage. En tant qu’utilisateur du jardin, l’être humain est central. Plus une zone est éloignée du centre (zone 0), moins elle est fréquentée et moins l’entretien prévu y est important. Parallèlement, plus l’on se rapproche du centre, plus la densité de plantation augmente : les zones utilisées quotidiennement sont végétalisées plus intensément tandis que les zones plus éloignées sont laissées à l’état naturel :

Zone 0 : maison, appartement ou lotissement

Zone 1 : entretien intensif - potager, microclimat

Zone 2 : entretien moins intensif - potager, serre

Zone 3 : entretien occasionnel - agriculture, arbres fruitiers et noyers, élevage

Zone 4 : entretien minimal - pâturages, arbres fruitiers et noyers, bois de chauffage et de construction

Zone 5 : zone naturelle - nature sauvage, zone de quiétude pour la nature et l’homme, inspiration et méditation

Étape 2 : améliorer et fertiliser le sol

La fertilité du sol est la base d’une permaculture réussie. Plus le fonctionnement des processus naturels est harmonieux, moins il y aura de tâches à réaliser ultérieurement. Vous économisez ainsi de l’énergie et des efforts lors du jardinage.

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Le paillage - l’astuce essentielle de la permaculture

Le paillage est l’une des méthodes les plus efficaces de la permaculture. Une couverture permanente protège non seulement le sol du dessèchement, mais améliore également sa structure et assure à long terme une formation continue d’humus. Par ailleurs, le paillis agit comme une barrière naturelle contre la croissance des adventices indésirables. Le sol retient ainsi mieux l’eau et les nutriments qui, autrement, seraient absorbés par les plantes concurrentes. De plus, le paillis empêche qu’une végétation dense n’occulte la lumière ou n’affaiblisse les plantes cultivées - un facteur qui peut également favoriser l’apparition de maladies et d’infestations de ravageurs.

Les paillis appropriés comprennent notamment les tontes de gazon, les feuilles mortes, la paille ou les copeaux de bois. Ils offrent une couverture fiable et délivrent durablement des nutriments.

Dans les potagers et les carrés potagers notamment, les paillis contribuent à mieux conserver l’humidité du sol et à favoriser des conditions pédoclimatiques plus homogènes. Les plantes très gourmandes notamment, comme les tomates, en profitent, grâce à la protection contre le dessèchement de leurs racines et la stabilité des conditions de croissance sur une plus longue période.

Pourquoi le paillage est-il si efficace ?

Le paillage est efficace, car il imite les processus naturels de la forêt, où la matière organique recouvre le sol tout au long de l’année, créant ainsi un habitat pour les micro-organismes et les vers de terre, qui la transforment en un riche humus.

Améliorer la fertilité du sol grâce à des systèmes en couches

La permaculture utilise les systèmes en couches, tels que les cultures sur butte ou le jardinage en lasagnes, car ils contribuent à augmenter à long terme la fertilité du sol, retiennent mieux l’eau et offrent aux plantes un environnement particulièrement riche. La superposition de matières organiques déclenche un processus naturel de compostage interne, qui génère de la chaleur et libère des nutriments en continu.

Structure typique :

  1. Couche de base : pour les cultures sur butte - une base aérée constituée de déchets verts, de branches épaisses ou de brindilles ; pour la culture en lasagnes - du carton humide ou du papier journal. Ces matériaux se décomposent sans laisser de résidus et ne contiennent aucune substance nocive pour le sol.
  2. Couche intermédiaire organique  : feuilles mortes, paille ou matière végétale plus fine
  3. Couche nutritive : compost mûr, complété par un substrat riche en humus qui améliore la structure du sol et augmente la capacité de rétention hydrique
  4. Couche de couverture : une couche de terreau de qualité
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Terreaux & amendements du sol

COMPO Bio Amendement du Sol Potager

Amendement sans tourbe, enrichi en engrais, pour une croissance saine des plantes et une floraison durable. Favorise l'activité du sol, augmente la capacité de rétention d'eau et assure la fertilité du sol.

Vers le produit

Les spirales d’aromatiques fonctionnent également selon un principe de stratification similaire. Sur un espace restreint, leur structure légèrement surélevée en spirale crée de différentes zones d’humidité et de température. On trouve en bas un sol humide et riche pour le persil ou la ciboulette, tandis que les herbes méditerranéennes comme le thym ou l’origan profitent en haut d’une zone plutôt sèche et sableuse. Un terreau de haute qualité, comme le COMPO Bio Terreau Plantes Aromatiques forme ici une base idéale pour les herbes aromatiques aux exigences variées. Un jardin aromatique nourrit de plus les abeilles, bourdons, papillons et autres insectes et contribue à la biodiversité.

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Étape 3 : utiliser et stocker l’eau efficacement

En jardinage, l’eau est l’une des ressources les plus précieuses, surtout lors d’étés chauds. L’un des buts essentiels de la permaculture est donc de retenir, stocker et réutiliser plusieurs fois les précipitations dans le jardin, plutôt que de les laisser s’écouler inutilement.

Outre une couche de paillis, d’autres stratégies permettent d’améliorer durablement l’équilibre hydrique au jardin. Parmi celles-ci figurent notamment la collecte des eaux de pluie, l’aménagement réfléchi de massifs et de surfaces retenant l’eau, ainsi que l’utilisation précise de matériaux hydrorétenteurs dans le sol, favorisant la disponibilité de l’humidité, surtout dans les zones très ensoleillées.

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Engrais & soins des plantes

COMPO Bio Engrais Universel

L’engrais naturel à la laine de mouton pour une vigueur maximale des plantes. Avec une capacité de rétention hydrique exceptionnelle avec un effet immédiat et à long terme jusque pendant 5 mois.

Vers le produit

Différentes stratégies permettent en outre d’améliorer l’équilibre hydrique naturel au jardin et d’économiser l’eau :

  • Des récupérateurs d’eau sous chaque descente de toit : vous disposez ainsi de suffisamment d’eau sans devoir ouvrir le robinet.
  • Allées paillées : les copeaux de bois, paillis d’écorces ou toute autre matière organique absorbent l’eau de pluie au lieu de la laisser s’écouler. De cette façon, l'eau s’infiltre alors lentement en terre et alimente les massifs adjacents.
  • Cercles autour des arbres et des arbustes : l’ombrage réduit l’évaporation et maintient le sol humide plus longtemps. En été, les humains et animaux profitent par ailleurs du rafraîchissement offert par les endroits ombragés du jardin.
  • Cuvettes peu profondes ("swales") : des cuvettes légèrement enfoncées et oblongues recueillent l’eau de pluie, ralentissent son écoulement en cas de fortes pluies et lui permettant de s’infiltrer lentement dans les couches profondes du sol. Elle reste ainsi plus longtemps à la disposition des plantes.

Vous trouverez d'autres idées pour économiser l'eau dans le jardin lors des journées chaudes dans notre article "Économiser l'eau au jardin : 11 conseils".

Le choix du bon terreau et du bon engrais contribuent également à économiser l’eau.

Étape 4 : favoriser la diversité et habitats pour les auxiliaires

La permaculture est colorée, diverse et vivante - la biodiversité en est un élément central. Au lieu des monocultures, vulnérables aux ravageurs et aux maladies, la permaculture mise sur les cultures associées et les plantes compagnes. De nombreuses plantes s’aident mutuellement - par exemple en offrant une protection naturelle contre les ravageurs.

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Associations de cultures éprouvées

  • Tomate + salade : besoins similaires, la tomate apporte de l’ombre
  • Carottes + oignons : se protègent mutuellement contre les ravageurs
  • Courge + maïs + haricots : le traditionnel "système des trois sœurs"

Retrouvez de plus amples informations dans notre article "Cultures associées hautes en couleur dans le potager".

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Structures pour les auxiliaires

Outre la diversité végétale, les habitats des auxiliaires jouent également un rôle décisif dans un jardin en permaculture. De nombreux auxiliaires vous aident tout naturellement à entretenir votre jardin :

  • Hérissons : réduisent la population de limaces
  • Abeilles mellifères/sauvages : pollinisent les fruits et légumes
  • Coccinelles : aident à lutter contre les pucerons
  • Oiseaux : réduisent les insectes ravageurs
  • Canards coureurs et poules : se nourrissent des restes du jardin et tiennent en échec les limaces

Il faut des habitats adaptés pour que ces auxiliaires s’installent durablement :

  • Les spirales d’aromatiques créent différents microclimats
  • Les îlots de fleurs sauvages attirent les pollinisateurs
  • Les tas de bois mort servent de refuge et de lieu d’hibernation aux hérissons et aux insectes
  • Les tas de pierres emmagasinent la chaleur pour les animaux thermophiles
  • Les étangs ou bassins sont l’habitat et la source de nourriture de nombreux insectes

Plus un jardin est diversifié, plus ses cycles naturels sont stables et moins il y a de travail à fournir à long terme. Vous pouvez par exemple aider ces 5 insectes utiles que pratiquement personne ne connaît.

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Étape 5 : boucler les cycles des nutriments

L’un des principes fondamentaux de la permaculture consiste à conserver autant que possible les nutriments dans le jardin et à les réintroduire sans cesse dans le cycle naturel. Au lieu de jeter les résidus végétaux, on les composte et on les réintègre au sol, ce qui forme de l’humus et favorise la santé du sol à long terme. Ce cycle n’est toutefois pas entièrement bouclé, car les récoltes régulières soustraient des nutriments au sol. Pour préserver durablement la fertilité de ce dernier, il convient donc de le nourrir avec précision.

Le compost joue ici un rôle décisif : non seulement il délivre lentement des nutriments, mais il enrichit également le sol d’une multitude de précieux micro-organismes. Découvrez comment créer votre propre compost dans notre article "Création d'un compost - 8 conseils". Si votre propre compost ne suffit pas ou pas suffisamment, utilisez un compost prêt à l’emploi de haute qualité, tel que le COMPO Bio Activateur de Compost. Très humifère, il améliore la structure du sol et contribue à la rétention d’eau et de nutriments dans le sol.

Étendre une fine couche de compost sous la couche de couverture de la plate-bande s’avère particulièrement efficace. Il sera rapidement assimilé par les vers de terre et les micro-organismes du sol - un processus naturel qui rend le sol de plus en plus fertile et renforce durablement vos plantes.

Outre le compostage, la rotation culturale et les engrais verts jouent également un rôle décisif dans le bouclage des cycles naturels. L’alternance de différentes espèces végétales permet d’éviter l’épuisement unilatéral des sols. Les engrais verts tels que le trèfle, le lupin ou la phacélie aèrent le sol, fixent les nutriments et apportent un supplément de matière organique. Le sol reste ainsi durablement vivant, riche et bien nourri.

Étape 6 - créer des structures durables

La permaculture mise sur les plantes vivaces, pour un surcroit de stabilité et de production au fil des ans dans votre jardin.

Quelles sont les plantes vivaces adaptées à la permaculture ?

CatégorieEspèces végétales
Fruitiers
  • Pommier
  • Poirier
  • Cerisier
  • Prunier
  • Cognassier
Arbustes baccifères
  • Groseilliers
  • Framboisiers
  • Myrtilliers
  • Groseilliers à maquereau
  • Mûriers
Plantes aromatiques
  • Thym
  • Origan
  • Sauge
  • Menthe
  • Romarin
  • Lavande
  • Sarriette de montagne
Légumes perpétuels
  • Rhubarbe
  • Artichauts
  • Topinambour
  • Brocolis
  • Asperges
  • Fenouil bronze

Erreurs courantes en permaculture

Évitez ces erreurs pour réussir votre permaculture :

  1. Se lancer sans réfléchir : observez d’abord, puis planifiez
  2. Un paillis trop fin : un paillis de cinq à dix centimètres est idéal
  3. Associations de plantes défavorables : vérifiez au préalable les compatibilités
  4. Trop d’intervention : laissez faire la nature
  5. S’attendre à des résultats immédiats : la permaculture demande du temps

Avantages et inconvénients de la permaculture

AvantagesInconvénients/Problèmes

Sols sains et humifères grâce à l’apport continu de paillis et de compost

Effort de planification plus important au début, car l’observation et la délimitation de zones demandent du temps

Peu d’entretien après la phase de mise en place, car les processus naturels prennent en charge de nombreuses tâches

Les résultats se développent lentement - certains effets n’apparaissent qu’après des mois ou des années

Rendements élevés sur une petite surface grâce aux cultures associées, à la stratification et aux bonnes combinaisons de plantes

Les structures vivaces sont pérennes et ne peuvent pas être déplacées à volonté

Faible consommation d’eau grâce au paillis, à un sol humifère et à une rétention hydrique efficace

Tous les emplacements ne sont pas immédiatement adaptés - les zones très ombragées ou en pente nécessitent des adaptations

Plus grande biodiversité - de nombreux auxiliaires y trouvent leur habitat

Le jardin a un aspect plus sauvage - moins adapté aux aménagements très ordonnés

Les permacultures deviennent de plus en plus fertiles et robustes d’année en année

Connaissances approfondies requises sur les relations entre les plantes, notamment en matière de cultures associées et de vie du sol

Conclusion

Jardiner en permaculture, c’est s’ouvrir aux processus naturels et laisser au jardin le temps de se développer. Contrairement aux concepts de jardinage très planifiés, l’observation, la patience et la sérénité sont ici au premier plan. Tout ne peut pas être contrôlé immédiatement, et de nombreux changements n’apparaissent qu’au bout de plusieurs mois, voire plusieurs années. Adopter cette approche, c’est jeter les bases d’un jardin fertile et durable à long terme.

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